Récit #4 – Action, introspection, description

Dans le cadre de notre partenariat, l’agence Sélène nous a communiqué une liste des erreurs les plus fréquentes dans les romans en recherche d’éditeur. Nous avons conjointement décidé de vous transmettre chaque conseil de Sélène, accompagné de pistes de réflexion.

Le conseil de Sélène :

LE RATIO DESCRIPTION / ACTION : Bien sûr il s’adapte au type de récit. Cependant, de manière générale, l’action ne doit pas dominer le récit. Les pauses dans l’action sont des éléments indispensables à la mise en place d’un récit.

L’ABSENCE DE PAUSES : Les pauses dans le déroulement de l’intrigue et dans l’action sont essentielles dans l’appréhension des personnages. Il faut laisser aux personnages l’opportunité d’analyser les situations dans lesquelles il se trouve et de ressentir les choses. Il doit pouvoir avoir peur, faire le point sur ses erreurs, progresser, être triste, reprendre espoir, se résigner…etc. Il est important de pouvoir développer des moments où votre héros s’exprime. Car ce sont ces moments-là qui font que le lecteur s’attache à vos personnages.
Sans ces passages, les personnages restent creux.

 

Commentaire de Plume d’Argent :

Il y a quatre grands « moments » qu’on retrouve dans les romans : le dialogue, l’action, la description et l’introspection. Ça n’a, bien sûr, rien d’une loi universelle. Il existe par exemple des full-dialogues et des zéro-description qui fonctionnent extrêmement bien. Mais voilà, dans la majorité des cas, votre personnage fait, parle, voit, sent, ressent, cogite, etc. La place que nous accordons à chacun de ces moments aura des conséquences sur le rythme du récit, sur son atmosphère et sur sa profondeur. Ce sont des techniques d’écriture aussi différentes que complémentaires et nous ne les maîtrisons pas forcément toutes de la même façon. Nous n’aborderons pas ici le dialogue qui fera l’objet d’un conseil à part entière, mais voici quelques pistes de réflexion sur les autres moments du récit.

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Verso – Mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs… (suite)

Aujourd’hui dans Verso, nous sortons des sentiers battus pour nous intéresser à ces écrivains de l’ombre qui ont une dimension professionnelle sans réellement l’être, je veux bien sûr parler de nous autres auteurs du web. À cette occasion, nous recevons Danette, auteure reconnue (mais qui souhaite garder son anonymat IRL sous peine de coup de hachette) de Moonshine, Ghost in the Graveyard et bien d’autres, publiée sur le site de Fictions Plume d’Argent.

À travers ses univers riches et pleins d’imagination, Danette nous transporte vers l’inconnu, tantôt effrayant, tantôt déluré, mais toujours incroyablement original et maitrisé. De quoi s’offrir d’excellents moments de lecture, dans lesquels la famille tient une place de choix. Aujourd’hui dans Verso, elle nous livre son point de vue sur le sujet.

 

Alors sans attendre, la parole à Danette :

  • Quelle place accordes-tu à la famille dans tes histoires ? Est-ce pour toi le point de départ d’une intrigue ? 

Je crois que j’essaye de créer des personnages aussi réalistes que possible ; partant de là, dans la réalité, la famille de sang ou de cœur – comme l’amitié, l’amour, les loisirs, le travail… et/ou leur absence/complexité respective (rayez la mention inutile) – est constitutive des individus qu’on devient, que ça nous plaise ou non. Du coup je pense que la famille prend une place importante dans mes histoires mais sans que ce soit une recherche particulière de ma part : le personnage est le point de départ de la création/réflexion, et sa famille fait partie des briques qui le construisent, expliquent son attitude, ses craintes, ses envies…

Après, dépendamment de l’histoire, j’accorde plus ou moins de place à la brique « famille » ; si j’écris de la romance, forcément, je mettrai moins l’accent sur les relations familiales que sur les relations amoureuses de mon personnage. Pour autant, je crois que le rapport d’une personne à sa famille impacte beaucoup de ses autres relations – parce que c’est la première qu’on tisse étant tout petit, celle aux parents, aux grands-parents, à la fratrie ; parce que c’est souvent la plus brute dans le positif comme dans le négatif : je n’aimerai jamais personne aussi fort que ma maman chérie d’amour et je ne haïrai jamais personne aussi fort que nombre de fruits pourris de mon arbre généalogique…

Disons que beaucoup des manques affectifs ressentis vis-à-vis de sa famille peuvent s’exprimer plus tard dans ses relations amicales ou sentimentales, par exemple ; et réciproquement, des relations familiales solides nous apprennent à interagir avec les autres, faire confiance, demander de l’aide… ce qui compte dans n’importe quelle relation. Donc la brique n’est jamais loin, même si elle n’est pas systématiquement au centre du chantier. C’est rare que je n’évoque pas la famille des personnages – et si je ne dis rien à ce sujet, je sais généralement ce qu’il en est en coulisses, même si ça se résume à trois mots.

Pour ce qui est des intrigues, si je dis que la famille n’est pas systématiquement au centre de tout – rarement, en fait ; je ne me dis jamais « je vais écrire l’histoire de cette famille » –, en y réfléchissant, elle est souvent liée à un élément crucial du développement de l’histoire. En fait, plus que la famille en tant que telle, c’est la mémoire qui me fascine ; la famille est une porte d’entrée assez évidente pour aborder ce thème : on a tous entendus des récits de « à ton âge » ou « à l’époque » quand « c’était le bon temps ». Ça nous raccroche au passé, et comme dans mes histoires, le passé a souvent un impact déterminant sur le présent, la famille sert de pont.

 

  • Si tu devais définir la famille, comment le ferais-tu ? 

Ohlàlà, mais quelle question difficile !

Je ne peux pas donner de définition de la famille, seulement ma vision et… je ne crois pas qu’elle soit très positive, ni très claire d’ailleurs… Ce qui est sûr c’est que je ne crois pas que les liens du sang soient fondamentalement plus importants que les liens du cœur, mais du coup ce sont deux environnements très différents.

La famille de sang, on y est attaché pour le meilleur et pour le pire – même en décidant de couper les ponts, ça laisse des marques ; ça peut être un refuge comme un boulet. Elle a un petit côté tribal, cette famille, dans mon esprit : des gens qui connaissent nôtre intimité mais qui ne nous connaissent pas forcément, nous, en tant que personne pleine de complexitude. Des gens avec qui on partage des secrets pas toujours très reluisants, un passif parfois plein de coups tordus et de méchancetés, des traditions, des tas de très vieux souvenirs qui n’appartiendront jamais à personne d’autre qu’à ce petit groupe restreint – la fameuse mémoire. Tout ça constitue un héritage commun qu’on a pas forcément toujours envie de porter, mais qui fait quand même que la secte familiale est ce qu’elle est. Qui fait aussi qu’on existe, et qu’on est pas quelqu’un d’autre.

Y a un petit côté absurde et charmant à se dire que ces gens, qui ne se ressemblent ou ne s’entendent pas toujours, décident quand même de rester ensemble – ou plutôt sont poussés à rester ensemble malgré tout. La famille est représentée comme quelque chose de fondateur de nos sociétés, mais ce serait intéressant de voir comment ça se passerait si on y accordait plus autant d’importance, ou si on l’abordait autrement – sans valeur donnée aux liens du sang, par exemple ? Ça donne des envies scribouillardes !

J’avoue, j’ai personnellement un penchant pour la famille de cœur. Celle-là, on la choisit, et du coup, si on est pas trop concon, ça devrait être que du positif – minus petites frictions bien naturelles. Pour moi, elle est là pour nous apporter tout ce que les autres ont oublié de nous donner, ou pour essayer de nous faire oublier ce qu’on aurait pas dû se prendre dans les dents. C’est un genre de gilet de sauvetage et de jardin secret.

Beaucoup de liens très forts se tissent en grandissant, je suppose, mais c’est rassurant de voir que ça peut continuer toute une vie : on découvre de nouveaux grands frères au boulot, on rencontre de nouveaux pépés au parc… alors certes, on a pas tout l’historique depuis les couche-culottes, mais on a quand même le temps de poser d’autres bases, d’avoir une autre intimité, et pour moi une plus grande confiance : je me sens mieux entourée de gens qui décident de rester dans mes parages en connaissance de cause (et à leurs risques et périls) qu’au milieu des pauvres bougres qui se retrouvent dans les pages de mon livret de famille par la force des choses.

Bref, si je devais définir la famille, je dirais que c’est un sacré bordel sacrément passionnant.

 

  • Que ce soit dans The Red Church, dans Moonshine ou encore dans Ghost In The Graveyard, tu nous dépeins le portrait de familles vraiment très différentes, tantôt unies tantôt disloquées. En quoi la thématique de la famille est-elle importante à tes yeux ? T’inspires-tu de ta propre famille ? 

Eh bien oui, je vous avoue que les clans de The Red Church sont la transposition littérale des deux côtés de ma famille : assoiffés de sang, cannibales, pleins de dents et portés sur un catholicisme pas très catholique.

Non, je ne m’inspire pas directement de ma propre famille, parce que j’estime qu’il y a des choses qui doivent rester privées, non mais ! et parce que j’ai mis trop de temps à réparer mes briquettes pour m’amuser à y donner des coups de marteau-piqueur. Cela dit, je pense que l’auteur met toujours un peu de lui-même dans ce qu’il écrit ; donc même si je ne rédige pas mon autobiographie, j’imagine que ma vision pessimiste de la famille sanguine sanglante de sang transparaît un chouïa par-ci par-là.

Ce qui m’importe dans cette thématique, je dirais que c’est surtout la question du conditionnement familial et de l’héritage dont je parlais. J’en ai personnellement beaucoup voulu à ma propre famille de me mettre ce fardeau sur les épaules – on débarque, petit enfant innocent, et subitement il faut encaisser les répercussions d’événements qui datent de plusieurs générations alors qu’on a rien demandé et qu’on voulait juste continuer à torturer tranquillement des bébés chiens. Ça m’intéresse de mettre des personnages dans des situations similaires et de voir comment ils s’en sortent avec leur propre bagage indésirable, que ce soit un secret, un décès, une séparation ou une sombre histoire de trafic d’organes…

C’est important de savoir d’où on vient et ce qui a coulé nos fondations (je file ma métaphore architecturale) mais c’est aussi passionnant de voir comment on s’érige à partir de là ; comment on peut construire une jolie maison douillette sur une cave fissurée (il est peut-être temps d’arrêter le filage). Et puis quand l’image de la famille est d’emblée positive, comme dans Moonshine, j’aime bien creuser un peu derrière les apparences, parce qu’aucune famille n’est parfaite.

La famille fait un bon miroir du monde, aussi : c’est assez facile de mettre une société ou un système en parallèle. Il y a des dominants, des dominés, des outsiders, des choses à cacher, à protéger, à changer… J’aime bien jouer sur ces deux échelles dans une histoire, faire en sorte que les grandes découvertes ou les grands bouleversements trouvent des échos plus personnels, qu’ils s’opposent ou se répondent (le personnage de Jill, dans The Red Church, était par exemple soumis à des enjeux de dualité et d’appartenance dans sa famille comme dans son clan ; dans Moonshine, la famille de sang et de cœur des héros cache des choses assez semblables à ce que peuvent cacher les gouvernements, et pour les mêmes raisons).

  • Mon petit doigt m’a dit qu’il existait entre certains de tes personnages issus d’histoires différentes des liens de famille, indépendamment de leurs relations familiales dans leurs romans respectifs. D’où t’es venue cette idée de dynamique entre les générations dans différentes temporalités ? Est-ce compliqué à mettre en oeuvre ? 

Ton petit doigt est bien informé.

La preuve en image :

Je pense que l’idée me vient de Zola (voilà, comme ça vous pouvez croire que je suis cultivée pendant deux secondes) qui a raconté l’histoire de plusieurs personnages de la famille des Rougon-Macquart à travers une vingtaine de romans, il me semble. Son but à lui était d’illustrer la réalité sociale du Second Empire en se servant de plusieurs générations pour en représenter les évolutions (et aussi de traiter la question des tares héréditaires, je crois, comme la passion pour la boisson, les oies et les morts ridicules).

Du coup, pleine d’ambition, prête à me mesurer aux plus grands, je me suis juste dit « tiens, ce serait marrant que toutes tes histoires soient liées, eheh », et comme je n’avais pas de principe de mondes parallèles et que la plupart desdites histoires se déroulent dans notre univers à peu près à notre époque, les lier par les familles me semblait être le plus logique.

Il y a eu quelques ratés et je compte aujourd’hui quatre futurs alternatifs d’univers qui ne peuvent pas cohabiter, mais avec un peu de gymnastique j’ai réussi à faire rentrer tout le monde. Pour beaucoup, ça n’apporte pas grand-chose : une tante inconnue est mariée à un type inconnu qui se trouve être l’oncle de quelqu’un d’autre. Pour d’autres, c’est un peu plus fun, et j’ai encore plein de branches libres en prévision des prochains romans !

 

Voilà les Plumes, c’est terminé pour aujourd’hui.

Remercions chaleureusement Danette pour son témoignage à la fois complet et très intéressant. Pour davantage d’informations, je vous invite à aller jeter un œil sur son profil FPA.

J’espère que cet article aura éclairé votre lanterne et je vous dis à bientôt pour une nouvelle interview haute en couleurs.

 

À vous les studios !

Récit #3 – Choisir un point de vue

Conseil d’écriture de Sélène & PA

Dans le cadre de notre partenariat, l’agence Sélène nous a communiqué une liste des erreurs les plus fréquentes dans les romans en recherche d’éditeur. Nous avons conjointement décidé de vous transmettre chaque conseil de Sélène, accompagné de pistes de réflexion.

Le conseil de Sélène :

C’est une des erreurs les plus récurrentes.

Si vous avez opté pour un seul point de vue (celui de votre héros), il faut toujours prendre garde à le respecter. On ne saurait soudainement percevoir l’histoire à travers les yeux d’un des personnages secondaires ni à travers ses remarques ou son jugement.

Si au contraire, vous avez plusieurs points de vue, soyez vigilant. Le lecteur doit tout d’abord être capable d’identifier très vite à travers quels yeux il voit l’histoire. Le chapitre commence par le prénom ou nom du personnage, où la scène qui se joue ne laisse place à aucun doute…

Par ailleurs, si vous avez donné la parole au personnage A, ne changez pas pour B sans avertir le lecteur.

 

Commentaire de Plume d’Argent :

Un article ayant déjà été écrit sur ce sujet dans le PAen, nous l’avons repris et adapté ici. Le point de vue est à l’auteur ce que la caméra est au réalisateur : c’est lui qui définit l’angle sous lequel est racontée l’histoire. Vous comprendrez dès lors que selon votre choix, ça changera toute la perspective du récit. Il existe différents points de vue possibles : l’un n’est pas forcément meilleur que l’autre, mais à vous de déterminer lequel servira le mieux votre histoire.

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Galerie de Plumes : Spécial Inktober 2017

L’inktober 2017 fait couler
de l’encre sur Plume d’Argent !

«  Plus les couleurs sont pures, plus pure est la beauté de l’œuvre. »
— Anna Gavalda, Ensemble c’est tout

Pour ceux et celles qui n’étaient ni sur le forum ni sur les réseaux sociaux au mois d’Octobre, qu’est-ce que l’Inktober ? C’est un challenge qui consiste à produire un dessin à l’encre par jour dans le but d’améliorer vos talents avec cet outil. Plume, stylo à bille, pinceau ou doigt : tout est permis, du moment que les illustrations comportent de l’encre !

Ce défi est ouvert à tous•tes : débutant•e•s ou expérimenté•e•s, adeptes ou non de l’encrage, cela ne fait aucune différence car le plus important est de profiter de ce laps de temps pour dessiner, échanger des conseils avec la communauté, se créer de petits objectifs à réaliser, etc. Cette année, Jack Parker, auteur du challenge, avait également dressé une liste de thématiques (à suivre ou non) pour le mois :

Les thématiques imaginées par Jack Parker

Sur Plume d’Argent, il n’en fallait pas plus pour qu’une partie du forum (côté adeptes du gribouillis) mette la main à la pâte pour un mois de pure folie. Les mentions spéciales et félicitations sont de rigueur pour Elka, Lyra, Rimeko et Tac, qui ont chacun•e tenu•es l’entièreté du mois (ou qui y sont presque arrivé•e•s).

Et pour les autres qui (comme moi) ont relativement foiré en produisant moins de quinze dessins (voire juste trois), prenez un cookie de consolation dans le panier, mais n’oubliez pas que dans tous les cas vous avez bien travaillé (oui, même toi là-bas, qui n’a fait QU’UN SEUL DESSIN).

Alors, pour rendre hommage à ces artistes et à leurs œuvres, pour les féliciter de s’être investi•e•s, d’être venu•e•s poster et encourager les autres sur le forum, voici une galerie peu commune, garantie 100% encrée à la main, 100% Plume d’Argent !

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Récit #2 – Identifier son lectorat

Conseil d’écriture de Sélène & PA

Dans le cadre de notre partenariat, l’agence Sélène nous a communiqué une liste des erreurs les plus fréquentes dans les romans en recherche d’éditeur. Nous avons conjointement décidé de vous transmettre chaque conseil de Sélène, accompagné de pistes de réflexion.

Le conseil de Sélène :

Qui seront vos lecteurs ? Vous devez déterminer votre cible avant même de coucher votre première phrase sur le papier.

Par ailleurs, même si la littérature pour ado et jeune adulte est très en vogue, la littérature junior (8 /13 ans) est également très demandée.

C’est un beau projet de vouloir écrire pour les plus jeunes et contrairement aux idées reçues, nul besoin d’abaisser son vocabulaire ou de simplifier une histoire. Les petits lecteurs n’ont pas besoin d’être ménagés intellectuellement. Ils doivent juste être séduits !

Commentaire de Plume d’Argent :

On peut n’écrire que pour soi-même, mais à l’instant où un auteur envisage une publication (papier ou numérique), il entre dans une démarche de transmission. Un émetteur, un message, un destinataire. Il n’est pas forcément évident de se poser la question du « public cible » mais nous n’écrirons pas de la même façon dans un album petite jeunesse que dans un roman junior que dans un roman adulte. Ça devient par contre plus délicat quand on commence à essayer de délimiter les frontières fluctuantes entre adolescence, adulescence et adultat. Les professionnels du livre ont d’ailleurs parfois du mal à s’accorder pour classer un roman dans telle ou telle catégorie. Et même entre nous, auteurs : certains ont écrit du Young Adult sans le vouloir et d’autres croyaient en avoir écrit sauf que non, apparemment, ça n’en est pas. Ça peut dépendre du champ lexical, des dialogues, de la manière d’aborder et de structurer le récit, mais aussi du ou des messages véhiculés par l’histoire. Enfin, il existe des œuvres intergénérationnelles qui possèdent plusieurs niveaux de lecture et qui pourront atteindre un public extrêmement étendu. Mais quel que soit le lecteur-type auquel il destine son roman, il y a trois questions qu’un auteur peut être amené à se poser en termes de «transmission».

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Interview de Praline

Joyeux Halloween !

(ça compte encore de dire ça le 1er, n’est-ce pas ?)

Quoi qu’il en soit, après cette nuit agitée par le retour des morts, me voici de retour pour vous hanter avec une nouvelle interview.

La Plume qui a accepté de me confier son âme a sans aucun doute beaucoup apprécié les sucreries de la soirée dernière… merci d’accueillir Praline !

 

 1. Tu es inscrite sur PA depuis un peu plus d’une année… comment as-tu survécu à cette communauté déjantée et à ses méandres nébuleuses ?

Eh bien, je n’ai pas survécu. Je suis actuellement décédée et c’est mon hologramme qui répond à tes questions et qui apparaît de temps à autres sur le PAchat.
Trêve de plaisanterie, je suis toujours en vie, et justement grâce à Plume d’Argent. C’est bien la première fois que je me sens chez moi, dans une communauté déjantée justement, où j’ai pu rencontrer des plumes qui me ressemblent et avec qui je peux échanger sur ce que j’aime réellement. Et où je peux être la vraie moi.
J’y ai même rencontré celle qui est devenue une de mes meilleures amies IRL (Loki, si tu passes par là… !)
Bon, parfois, Seja me fait un peu peur avec sa hache et ses menaces, mais je crois que je suis un peu masochiste parce que j’adore ça.

2. Rares sont les membres qui viennent uniquement pour lire, alors dis-nous : comment le goût de l’écriture t’est-il venu ?

Question piège ! Eh eh eh.
Pour être franche, je ne sais pas exactement comment il m’est venu. Mais je sais que, déjà toute petite, j’adorais les rédactions à l’école, j’écrivais des lettres à Saint-Nicolas (une sorte de Père Noël que nous fêtons en Belgique) et je créais même des petits livres illustrés. En fait, je pense que ça a toujours fait partie de mon enfance, grâce à mes parents qui m’ont inculqué le goût de la lecture et des histoires très tôt déjà.

Et, avant de savoir écrire, je racontais des histoires à voix haute, tout le temps, partout. Ce qui avait le don d’énerver mes parents et mes institutrices à l’école héhéhé.

3. Est-ce que tu as des attentes lorsque tu lis les écrits des Plumes sur FPA ?

Je ne suis pas bien placée pour avoir des « attentes » envers mes collègues Plumes, mais il est vrai que j’ai toujours l’espoir de lire une histoire qui m’embarque et qui me fasse voyager dans l’imagination de celui ou celle qui l’a écrite. Ce qui fonctionne à chaque fois tellement ce site regorge de talents ! (comment ça je flatte pour être dans les bonnes grâces des admins ?)
Plus sérieusement, tout ce que j’ai lu jusqu’ici m’a fait rêver et même parfois baver un peu d’envie.

4. Tu as récemment été lauréate du Prix du jeune écrivain de langue française, félicitations ! Comment as-tu vécu cette expérience ?

Merci beaucoup ! Je n’en reviens toujours pas moi-même et j’ai eu du mal à réaliser quand on m’a annoncé au téléphone que j’étais reprise.
En fait, il y a plusieurs sélections dans ce concours (trois si je me souviens bien). Chaque fois que je recevais un mail comme quoi j’avais passé la sélection, je me disais « c’est la dernière que je passe, je n’irai pas plus loin ». Donc j’ai été vraiment très surprise, très contente aussi car c’est la toute première fois que je participe à un concours d’écriture, et bien sûr très impatiente de pouvoir aller au salon du livre de Paris !

5. Parlons maintenant de l’une de tes histoires que les lecteurs connaissent (peut-être) bien…comment as-tu élaboré La Recenseuse des Mondes ?

Ah, La Recenseuse… C’est une histoire qui me trotte dans la tête depuis un moment et que j’ai décidé de mettre par écrit le jour de mon inscription sur PA.
L’idée m’est venue pendant une période un peu trouble de ma vie où j’avais du mal à trouver ma place et où j’avais besoin de m’évader, avant de dormir ; dans un monde imaginaire dans lequel les gens n’auraient pas à se soucier de la trouver, qu’elle serait décidée pour eux. De là est partie l’aventure de Louise, qui est un petit peu à mon image quand même, et depuis j’ai continué à peaufiner son univers avec des lois, une histoire, une géographie, etc.
Le plus difficile, ça a été de transposer ce monde imaginaire en un monde de mots, avec des codes et une logique qui tiennent debout, sinon l’histoire elle-même devient bancale. Je crois même qu’en écrivant, je continue à élaborer ce monde un peu complexe, mais ça fait partie du défi !

6. Qu’est-ce que le thème de ce trimestre, la famille, évoque pour toi (que ce soit en lien avec ton texte ou avec l’écriture en général) ?

La famille est primordiale dans La recenseuse des Mondes, la relation de Louise, le personnage principal, avec la sienne étant très complexe. Sans trop spoiler, ses parents ont envers elle des attentes qui pèsent très lourd sur ses épaules et qu’elle a du mal à vivre. Quant à son frère, il préfère le travail et la gloire que de soigner ses relations avec sa petite soeur et d’essayer de la comprendre.
Je pense que la famille peut tout aussi bien représenter le bonheur, le partage, l’amour comme elle peut être un fardeau, une obligation, et qu’elle n’est pas forcément la mieux placée pour nous comprendre. Elle est souvent idéalisée dans les films et les livres, alors que les relations sont bien plus complexes que ça. J’ai voulu montrer ces nuances dans mon récit, en décrivant une famille ni toute blanche ni toute noire, mais une famille avec des failles et des défauts.
Je vous rassure, j’aime ma famille 😉

7. En cas de blocage, comment te débrouilles-tu ? As-tu inventé des rituels particuliers pour te débarrasser du « syndrome de la page blanche » ?

Si un jour je trouve le secret pour le surmonter, je vous le dirai !
Quand je suis bloquée, j’ai beaucoup de mal à lâcher l’affaire et du coup, je me bloque encore plus. Mais je finis toujours par accepter que parfois, on bloque et qu’il faut laisser reposer le texte un moment plus ou moins long (parfois, ça peut me prendre des mois). Je prends alors le temps de m’aérer, de faire autre chose et de lire des romans. Je sais que de toute façon, mon idée reste quelque part, dans un coin de ma tête, et qu’un jour, je vais avoir l’inspiration pour la reprendre.
Sinon, en cas de gros blocage, je sais que je peux me tourner vers les Plumes pour essayer de débloquer la situation.

8. Question de fan : Tes personnages principaux sont-ils inspirés de ta propre personnalité ? Celle de ton entourage? Ou sont-ils complètement originaux ?

Zut j’ai déjà vendu la mèche ! En effet, mon personnage principal, Louise, est fortement inspirée de mon ressenti personnel. Pas tant en terme de personnalité, je dirais, mais en terme de difficultés dans sa vie.
Par contre, mes autres personnages sont originaux, dans le sens qu’ils ne ressemblent à personne de mes proches. Ils peuvent cependant avoir des inspirations de gens que je peux croiser dans la rue et qui ont une caractéristique que je trouve intéressante (bien souvent physique, ou dans une attitude). Sinon je pense que mes influences littéraires et cinématographiques doivent beaucoup jouer dans les portraits de mes personnages.

9. As-tu d’autres projets d’écriture en cours ou à venir ?

Pour l’instant, non. Je voudrais venir à bout de La Recenseuse qui est un gros morceau, et corriger mon texte pour le Prix du Jeune Ecrivain. Mais je n’écarte pas la possibilité qu’un jour je trouve une idée et que je doive l’écrire !

10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

Je n’ai qu’une seule chose à dire : quand vous êtes triste, mangez du chocolat ! 😀

 

Ainsi s’achève cette interview.

Je tiens à remercier Praline qui a accepté cette interview et y a répondu à la vitesse de l’éclair avec beaucoup d’enthousiasme et de sincérité !

Merci également à la Plume-Dont-On-Ne-Prononcera-Pas-Le-Nom (mwahaha !) qui a joué le jeu de la question de fan !

Et finalement, merci à vous chers lecteurs et lectrices d’être toujours fidèles au rendez-vous des Imagineurs !

Finalement, je crois qu’il ne nous reste plus qu’à mettre en pratique le dernier conseil de Praline, et ce quelle que soit notre humeur, qu’en dites-vous ?

Gardez vos plumes affutées,

Slyth

 

Récit #1 – Avoir une feuille de route

Conseil d’écriture de Sélène & PA

Dans le cadre de notre partenariat, l’agence Sélène nous a communiqué une liste des erreurs les plus fréquentes dans les romans en recherche d’éditeur. Nous avons conjointement décidé de vous transmettre chaque conseil de Sélène, accompagné de pistes de réflexion.

Le conseil de Sélène :

Vous devez absolument connaître la fin de votre histoire et son développement. Il est possible d’ajouter ou de supprimer des idées en cours de route, mais vous devez avoir un canevas en tête.

Une écriture au fil des envies qui trouve son fil conducteur dans les dernières pages se ressent à la lecture.

 

Commentaire de Plume d’Argent :

Nous sommes (très) nombreux à nous être déjà lancés dans la rédaction d’une histoire sans avoir établi de plan ni en connaître le dénouement. Jean-Claude Mourlevat dit lui-même, de façon très poétique, qu’il écrit « à la lanterne », en ne voyant de son récit que la prochaine étape sans avoir la moindre idée de la manière dont l’intrigue va évoluer et se conclure. Si vous faites partie des auteurs qui ne s’épanouissent que dans l’improvisation, et qui y excellent par-dessus le marché, ce conseil ne vous parlera sans doute pas. Mais si vous avez tendance à collectionner les révélations qui tombent comme des cheveux sur la soupe, les incohérences dans les informations, les détails que vous n’exploitez jamais, les actions qui se dispersent ou qui se répètent, les coups de théâtre qui arrangent bien l’auteur et les longs flous pas si artistiques que ça, alors voici quelques pistes de réflexion.

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Les enquêtes de Dédé #3

L’enquête du mois d’Octobre : «La famille PAenne, kesako ?»

C’est là que tout a commencé et que la rédaction a réagi…

«Chère rédaction, le PAen se base sur des thèmes chaque semaine. Il faudrait penser à les respecter un peu, de temps en temps. Tout le temps, en fait. Le thème de ce trimestre est la famille. N’oubliez pas qu’il faut enquêter sur la Communauté Plume d’Argent. Bref, débrouillez-vous avec tout cela. Et je veux l’article pour le 22 de ce mois.» (Cristal, le 4 octobre 2017).

La lecture de ce message brodé sur une grande écharpe a glacé le sang de toute la rédaction. De fait, nous avons laissé tomber notre article sur les mystérieux tics de Tac pour nous concentrer sur cette fameuse famille.

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Recto – Mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs…

Coucou les plumes,

Aujourd’hui, je vous propose de tester un Recto Verso un peu particulier puisqu’il se décomposera en deux publications. La partie Recto que vous découvrirez dans un instant et la partie Verso qui vous sera proposée le 15 novembre prochain et dans laquelle nous vous proposerons une interview. Comme vous l’avez sans doute déjà remarqué, ce trimestre le PAen s’intéresse à la famille. Recto portera donc sur la diversité de la famille, son traitement dans la littérature et sa place dans le récit. Vous êtes prêts ? Alors c’est parti.

Qu’elle soit grande ou petite, classique ou recomposée, traitée dans son sens le plus strict ou dans une interprétation plus large, il existe autant de représentations de la famille que de familles elles-mêmes. Et oui, elles peuvent bien se ressembler, mais le fait est qu’elles sont toutes absolument uniques. La littérature ne fait pas exception à la règle comme vous pourrez le voir.

Définition de la famille

À l’origine, la famille, du latin familia (« domesticité, maisonnée ») dérivé de famulus, famul (« serviteur, esclave ») désigne l’ensemble des esclaves et des serviteurs appartenant à un même homme. Ce terme évoluera par la suite pour s’appliquer à l’ensemble des êtres sous l’autorité d’un chef de famille, autrement dit, l’intégralité des habitants de la maisonnée sur lesquels le chef a droit de vie ou de mort, ce qui inclue femme, enfants et domesticité. L’esclavage ayant depuis disparu, le terme de famille ne concerne donc plus que la sphère des proches gravitant autour d’un individu.

Alors comment définir la famille ?

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Sommaire du 3e trimestre 2017

Au cours des trois derniers mois, l’équipe du PAen a publié toute une série d’articles autour de la thématique du GENRE, et plus encore. Si vous avez manqué ça à cause d’une amputation des yeux, pas de panique, voici la rétrospective !

Sommaire PAen juillet-août-septembre 2017

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